Paradoxe entre Êtres Humains

Quelle est cette foutue manie de vouloir visiter des gens, des cultures, des façons de vivre. Ce ne sont pas des « choses » à visiter. On visite la Tour Eiffel ou des musées. S’arrêter pour voir comment s’habille un tel ou se maquille l’autre. Quelle drôle de chose …

Vivre avec les gens. Passer du temps avec eux. Partager, apprendre et échanger pourquoi pas. S’enrichir de l’autre par le temps que l’on s’accorde mutuellement.

Passer quelques minutes et acheter un bracelet « fait main » pour dire « j’ai vu, j’ai fait ». Ici la comparaison est plus frappante car la route est comme un safari et on s’arrête à chaque animal en liberté. Mais peut être est-ce moi, le problème, de penser que nous agissons de la même manière lorsque l’on croise une girafe ou un enfant Himba. C’est tout à fait politiquement incorrect que d’écrire ces mots noir sur blanc.

Le rapport à l’autre me paraît faussé car au moindre arrêt, les gens nous demandent de la nourriture et de l’eau, pour eux et leurs enfants. Nous venons avec notre coffre rempli de bidon d’eau pour discuter le bout de gras avec des populations qui potentiellement crèvent de soif … ils ne nous demandent pas de $$$ mais de la nourriture.

Et ce qui me perturbe toujours autant, c’est de ne pas savoir s’il est bien ou mal de se poser la question. Ou si ces questionnements quant à ce rapport entre Êtres Humains, crée la différence. Le voyage me pose question sur la façon d’appréhender les cultures. Je ne veux pas d’un voyage à la « rendez-vous en terre inconnue » juste pour voir.

On la fait. On a traversé les déserts et la savane namibienne. Vu des paysages incroyables et traversé des villes et des villages. S’arrêter pour demander son chemin ou acheter une bière c’est facile. S’arrêter dans un village des populations traditionnelles juste pour dire bonjour, je ne sais pas faire. Je ne sais pas comment faire. Si quelqu’un sonnait à ma porte. Juste comme cela. Juste pour rien. Ou pour me demander comment je vais et de lui montrer ma cuisine… oui selon mon humeur je pourrai trouver ça cool. Ou avoir de l’ouverture d’esprit et penser que c’est simplement de l’ouverture de d’esprit de l’autre. Pour les autres çà passe. Pour moi, j’ai toujours peur que cela soit de la curiosité mal placée.

Pour moi, rencontres et découvertes de l’autre riment aussi beaucoup avec spontanéité et chance. Il est quasiment certain que je ne rencontrerai pas de population himba si je ne vais pas à eux mais les forcer, eux, à me voir, parce que simplement j’ai la possibilité et les moyens de le faire, me déplaît.

Mais alors voilà, de nouveau le paradoxe, n’est-il pas que je me permette de parler et penser à leur place? Peut-être faudrait-il que je prenne le temps, tout de même, de leur demander leur avis. Voilà la seule bonne raison pour laquelle j’aurai envie de m’arrêter sur cette route…

2 commentaires

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